La nuit passée, il y a eu un orage.
Le vent s’est levé, le tonnerre a grondé, la pluie est tombée… et ma fille s’est réveillée.
Le cadran indiquait 3h25 du matin, j’avais les yeux collés et je me suis dit que plus vite je reviendrais dans mon lit, le mieux ce serait. Je suis donc entrée dans la chambre de mon « bébé » de six ans avec la ferme intention de régler ça vite. On remonte la couverte, on donne un bisou, on dit « Bonne nuit ma puce » et le tour est joué.
Mais cette nuit n’était pas comme les autres. Il y avait un orage.
Ma poulette pleurait car elle avait besoin d’être rassurée (j’avoue que ça crée un climat d’incertitude, un orage nocturne, quand tu as six ans). J’ai donc pris son petit corps tout chaud dans mes bras et j’ai traversé la maison avec elle pour lui montrer l’orage par la fenêtre de la cuisine et tenter de lui faire comprendre que ça n’avait rien de dramatique.
Elle s’est agrippée contre moi comme quand elle avait seulement quelques mois et nous avons marché lentement, dans la pénombre, à la lumière des éclairs, en prenant bien soin de ne pas s’enfarger dans l’un des chats ou dans le chien (eux aussi, ça les insécurise, les orages, vous savez).
Quand nous sommes revenues dans sa chambre, poulette m’a demandé de rester faire dodo avec elle, et j’ai accepté en me disant que c’était sans doute mieux de dormir avec ma fille dans son lit simple que de me relever trois fois pour revenir la rassurer.
Elle s’est donc rendormie très vite en gigotant autant qu’une truite qu’on vient de pêcher et, à ce moment-là, je me suis dit que ma nuit était foutue, que j’allais avoir une face d’enterrement le lendemain au bureau.
Et c’est là que le souvenir est revenu.
Une nuit assez semblable de juillet il y a six ans. Bébé avait alors deux mois, il faisait chaud et humide et elle s’était réveillée pour son boire de nuit. Je la berçais en entendant l’orage dehors et j’avais tellement, mais tellement hâte d’aller me recoucher. Au moment de lui faire faire son rot, bébé avait alors « répandu » la totalité du biberon qu’elle venait de boire sur le sol, sur la chaise et sur devinez qui…
Je me rappelle, cette nuit-là, de m’être dit que ma vie était devenue misérable (vous savez, ramasser du vomi partout en pleine nuit, ça crée un climat de frustration, quand ça fait deux mois que t’as pas dormi).
Mais la nuit passée, pendant que ma fille se battait avec un monstre imaginaire dans ses rêves à mes côtés, je me suis dit que ce sont toutes ces nuits debout, tous ces petits pépins d’après minuit, qui font en sorte que l’on connait nos enfants mieux que quiconque et que nos enfants sont rassurés par notre présence, par les battements de notre cœur, par notre odeur, par notre respiration, par la texture de notre peau.
Même si je ne m’ennuie pas particulièrement des nuits blanches, je suis fière de les avoir traversées, ces nuits, car grâce à elles, je suis devenue… maman.
Image source : Shutterstock
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