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Catégorie : Littérature

Jean Philippe Thivierge sorel tracy

25 janvier 2017 Annie Bourque

«Dis-moi ce que tu lis» avec Jean-Philippe Thivierge

Catégorie : Littérature

La passion des livres peut mener loin. Il y a deux ans, le 25 février 2015, Jean-Philippe Thivierge, 41 ans, a ouvert une boutique virtuelle en ligne www.librairiecargaison.com, qui remporte un beau succès, ici, et à l’étranger. Imaginez, il reçoit des commandes de l’Europe et du sud de la Californie…

Portrait d’un homme épris des mots dont les milliers de livres se vendent à différents prix. Certains volumes, plus rares, trouvent preneurs à un coût pouvant atteindre plusieurs centaines de dollars.
Annie Bourque

Au sous-sol du bureau de poste sur la rue George à Sorel-Tracy, on découvre un trésor de plus de 15 000 titres, des DVD, CD et des magazines remontant aux années 60.

On a envie de prendre son temps et de fureter longuement dans les rangées. Ici et sur son site, on trouve des collections dans tous les domaines et catégories : psychologie, recettes, romans, ésotérisme, politique, polars, biographies, etc.

Un an après son ouverture, la librairie Cargaison a réussi son pari. Des clients fidèles reviennent régulièrement en magasin ou en ligne. «Je suis assez satisfait de ma première année», raconte Jean-Philippe qui a engagé récemment un employé à temps partiel.

Les livres, sur son site Internet sont différents de ceux qu’on retrouve en magasin. Sur le site, par exemple, j’ai repéré Mémoires politiques écrit et autographié par l’ancien premier ministre, Pierre Éliott Trudeau. L’œuvre se vend à 200 $.

Les amateurs d’art et de cuisine auront envie découvrir les Dîners de Gala du célèbre Salvador Dali, un objet relativement rare qui se détaille à 400 $.

Ce dont il est le plus fier ? Les gens peuvent trouver des livres inédits qui racontent l’histoire de chaque région du Québec, de l’Abitibi-Témiscamingue à Trois-Rivières.

Voici ses coups de cœur qu’il surnomme des livres coups de poing.

«Ces lectures me plaisent parce qu’elles sont déstabilisantes et exigeantes à certains points de vue. Parfois, on doit prendre un dictionnaire pour comprendre certains mots», explique Jean-Philippe.

Note toutefois à nos lecteurs : les suggestions de Jean-Philippe procurent un plaisir garanti.

L’avenir du bluff québécois (2015) et Le mal du Québec (2016)

le mal du quebec

l avenir du bluff quebecois sorel tracy 

Auteur : Christian Saint-Germain, professeur de philosophie à l’UQAM qui se spécialise dans l’écriture pamphlétaire.

«Christian Saint-Germain est quelqu’un d’érudit. Il met le doigt sur les bobos de notre société. Dans son livre Le mal du Québec, on assiste à une critique acerbe du PQ et on dénonce par exemple le statut privilégié des médecins», commente-t-il.

Jean-Philippe a lu Le mal du Québec en une seule soirée. Il compare le livre à une douche froide qui réveille les consciences. «Longtemps, dit-il, nous avons été un peuple frileux qui n’a jamais pris les moyens de nos désirs.»

De l’avis de plusieurs, sa lecture est fort agréable. Le chroniqueur Mathieu Bock-Côté a écrit à propos de Saint-Germain : «Sa plume, qui est celle d'un écrivain, a une force prophétique indéniable. Elle bouleverse.»

Sur sa table de chevet : «Essais» de Philippe Muray (1812 pages)

essai sorel tracy

Il a découvert par hasard ce premier recueil portant le titre «L’empire du bien». À temps perdu, Jean-Philippe continue de savourer chaque page, chaque phrase.

«Le lecteur accède à la pensée de l’auteur à travers de courts textes à la prose furieuse et élégante, faits d’observations et de commentaires sur la société actuelle.»

Il se promet de lire : «Soumission» de l’écrivain français Michel Houellebecq, publié aux éditions Flammarion.

soumission sorel tracy

«Houellebec est un anticipateur. À travers ses livres, on est souvent projeté dans un avenir rapproché. Ce léger décalage procure un certain malaise issu finalement d’une réflexion aiguë sur notre temps.»
La prémisse de Soumission : «Dans une France assez proche de la nôtre, un homme s'engage dans la carrière universitaire. Peu motivé par l'enseignement, il s'attend à une vie ennuyeuse mais calme, protégée des grands drames historiques. Cependant les forces en jeu dans le pays ont fissuré le système politique jusqu'à provoquer son effondrement. Cette implosion sans soubresauts, sans vraie révolution, se développe comme un mauvais rêve. Le talent de l'auteur, sa force visionnaire nous entraînent sur un terrain ambigu et glissant ; son regard sur notre civilisation vieillissante fait coexister dans ce roman les intuitions poétiques, les effets comiques, une mélancolie fataliste. Ce livre est une saisissante fable politique et morale.»

Merci Jean-Philippe Thivierge. !
Voici l’adresse de www.librairielacargaison.com et je vous recommande d’aller faire un tour sur le Web ou en personne.

Les suggestions d’ANNIE

Je vous conseille un livre que j’ai dévoré il y a quelques années : «La solitude des nombres premiers» écrit par un auteur italien, Paolo Giordano.

la solitude des nombres premiers

La prémisse : «Elle aime la photo, il est passionné par les mathématiques. Elle se sent exclue du monde, il refuse d'en faire partie. Chacun se reconnaît dans la solitude de l'autre. Ils se croisent, se rapprochent puis s'éloignent, avant de se frôler à nouveau. Leurs camarades de lycée sont les premiers à voir ce qu'Alice et Mattia ne comprendront que bien des années plus tard : le lien qui les unit est indestructible.»

Je me promets de lire : «L’enfant Mascara» de Simon Boulerice publié chez Léméac.

l enfant mascara sorel tracy

À l’émission de Marina Orsini, Vincent Gratton a parlé de ce livre avec une telle émotion qu’on a envie de lire ce roman écrit par Boulerice, un comédien et metteur en scène, bien connu.

La prémisse: «L’enfant mascara est une histoire d’amour à sens unique, comme on en voit partout, dans toutes les écoles secondaires – à cette différence qu’elle se conclut de manière particulièrement tragique. Inspiré par des faits réels qui se sont déroulés dans la ville d’Oxnard, en Californie, Simon Boulerice transpose dans la fiction l’un des meurtres homophobes, les plus violents à s’être produits aux États-Unis. L’œuvre rend aussi hommage à Larry/Leticia, un être rempli de désir, d’éclat et d’arrogance, dont la vie n’aura été que fulgurance.»

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À propos de l'auteur

Annie Bourque

Journaliste et animatrice, je couvre l'actualité régionale, le monde agricole, l’économie et même le ski …

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