Voici venu le temps des sorcières, de RIP aux crânes menaçants et de fantômes en tout genre qui vont envahir nos foyers et nous inciter à faire le plein de friandises à offrir aux mignons petits monstres qui vont venir frapper à notre porte. Si l’Halloween est un moment festif pour jouer avec nos craintes et déjouer nos angoisses, il faut savoir que les vraies peurs ne sont pas aussi sympathiques.
L’origine de certaines terreurs remonte à l’arrivée d’Homo Sapiens sur terre. A force de détaler face aux prédateurs et d’anticiper moult et un dangers, certaines peurs se sont intégrées dans les gènes de nos ancêtres préhistoriques et sont devenues des caractéristiques, au même titre que la couleur de cheveux, que la taille du pied ou que le tempérament. L’apparition de la psychiatrie leur a donné un nom : phobies.
Attention à ne pas confondre la grimace écoeurée qu’on fait en tuant l’araignée qui a eu l’outrecuidance de rentrer dans notre salon, avec la crise de panique des arachnophobiques (phobie des araignées) ou les vomissements engendrés par les entémophobes (phobie des insectes) quand ils croisent d’inoffensives sauterelles.
A propos de vomir, saviez-vous qu’il y a des gens qui en ont tellement peur qu’on les appelle les émétophobes ? Il faudrait leur proposer de faire passer leurs nausées en prenant une bonne bière, mais avant cela assurez-vous qu’ils ne soient pas cervalophobes (phobie de la bière) et remplissez constamment leur verre s’ils sont cénosillicaphobes (peur du verre vide). Comme on ne doit jamais boire le ventre creux, quelques bons beignes feront l’affaire, à condition qu’ils soient pleins si vous rencontrez des trypophobiques (peur des trous). Après cette collation, une petite promenade à pied s’impose si vous n’êtes pas basophobe (peur de marcher), pas en hiver si vous êtes chionophobe (peur de la neige) et évitez soigneusement les ponts si vous êtes géphyrophobe ainsi que les alentours des lacs et consorts si vous transpirez à l’idée d’être observé par des canards (anatidaephobie).
Dans ce catalogue d’angoisses si intenses qu’elles en deviennent handicapantes, de nouvelles phobies liées à la vie moderne ont fait leur apparition telle que la terrifiante hantise de se retrouver sans son téléphone mobile (nomophobie).
Pourtant l’origine de ces dégoûts irrationnels se trouve bien coincée quelque part entre notre cerveau reptilien et notre cerveau limbique et nous vient de nos aïeux, lesquels pour survivre, ont enregistré un tas de données dans le disque dur de leurs neurones.
Est-ce que ces phobies nous sont utiles ou nous desservent aujourd’hui ? C’est une question que les chercheurs continuent à explorer… En ce qui vous concerne, dites-vous que cette chronique vous servira vraiment si vous souhaitez éviter le repas familial de dimanche prochain. Vous pourrez toujours prétexter votre pentheraphobie (peur de la belle-mère)…
Source photo : Shutterstock
DONNEZ-NOUS VOS COMMENTAIRES
Sorel-Tracy & Cie accorde une importance majeure au contenu des textes publiés sur sa tribune mais n’est pas responsable des erreurs de français de leurs auteurs.










